1 Histoire de Corée

Le pays du matin calme a maîtrisé l’art de la guerre et a émergé comme le foyer des joueurs les plus renommés de StarCraft sur la planète. N’arrivez pas inexpérimenté dans la mêlée !

Voilà ce que vous pouvez lire si vous vous connectez au serveur coréen de StarCraft: Remastered. Un hommage unique dans le monde du jeu vidéo, sur un jeu mondialement connu… Un hommage au pays pionnier dans l’histoire du gaming, un hommage au pays qui semble au sommet du monde du jeu vidéo : la Corée du Sud.

©Riot Games

Avec plus de 25 millions de joueurs, soit plus de la moitié de sa population, le pays est le 4e plus grand marché du monde en ce qui concerne les jeux vidéo. Dominé pendant plusieurs décennies par des jeux de PC tels que League of Legends, Overwatch ou StarCraft, le pays s’ouvre aujourd’hui à une nouvelle ère, celle des jeux mobiles, rendant la pratique populaire non plus seulement auprès des jeunes mais à l’entière population. Il semblerait donc que le domaine ait de très beaux jours devant lui au pays du matin calme !

Les débuts des jeux vidéo en Corée du Sud furent pourtant assez laborieux ! 

Dans les années 70, le pays était encore durement marqué par la guerre et ne jurait que par le travail assidu pour reconstruire le pays… Les activités récréatives étaient donc vues comme de la débauche et les premières inventions japonaises et américaines n’étaient pas vraiment les bienvenues !

Jeonja Oraksil (salle de jeux électroniques) 1983 ©The Kyunghyang Shinmun

Néanmoins, le pays vu dans les années 80 l’apparition des premières boutiques d’arcades, portées par un esprit de libération des mœurs. Mais elles étaient dénigrées par une bonne partie de la population. Certains établissements, ouverts illégalement, diffusaient souvent des contenus explicites, ce qui renforçait leur image négative…

Les grandes marques étrangères comme Nintendo ou Sega avaient beaucoup de mal à rentrer sur le marché sud-coréen dû à la législation de l’époque. Elles devaient passer par de grandes entreprises coréennes pour licencier leurs consoles : Samsung a par exemple publié la Sega Master System sous le nom de Samsung Gam*Boy en 1989 et la Mega Drive en Super Gam*Boy en 1990, tandis que Hyundai avait la NES sous le nom de Comboy (on notera l’originalité des noms…). Malheureusement, la très grande majorité des jeux étaient distribués dans leur langues d’origine, ce qui limitait leur expansion.

Hyundai Comboy
Samsung Gam*Boy

Mais au même moment apparaissait une nouvelle classe sociale dans la société sud-coréenne: la classe moyenne, avec plus de temps et d’argent à allouer à ses plaisirs et ceux de ses enfants. C’est aussi à cette époque qu’apparaissent les premiers ordinateurs domestiques dans les foyers. 

Le gouvernement voyait dans cette nouvelle technologie un nouveau secteur économique potentiel. Là où peu de moyens avaient été mis pour développer les consoles de jeux jugées trop récréatives, l’ordinateur était vu comme un outil pouvant rapporter gros dans le futur. 

À partir de 1989, le gouvernement mis en place un plan visant à éduquer les élèves dès le primaire à l’utilisation des ordinateurs, dans l’espoir de découvrir des talents de la programmation. Les parents coréens étant (depuis toujours ou presque) très soucieux de l’éducation de leurs enfants, les ordinateurs se répandirent alors très vite dans les foyers.

©Nexon Computer Museum

En plus de l’école et des domiciles, les ordinateurs prirent de la place dans l’espace public avec l’apparition au début des années 90 de PC Bang, des cybercafés où pour quelques wons il était possible d’utiliser des ordinateurs dernier cri.

©Nexon Computer Museum

Cet intérêt poussé pour l’ordinateur, couplé à une soudaine hystérie collective autour des consoles, créant soi-disant des épisodes d’épilepsie, eurent raison de la fracture entre les deux domaines. Et aujourd’hui encore la société coréenne est beaucoup plus portée sur les jeux d’ordinateur que ceux de consoles.

En 1997, la Corée du Sud est durement touchée par la crise du FMI qui plonge le pays dans une grande crise économique et beaucoup de Coréens se retrouvent soudainement au chômage… Si on pourrait penser que le temps n’était plus vraiment aux loisirs, c’est paradoxalement le moment qui a fait exploser l’industrie du jeu vidéo en Corée ! Les PC Bang étaient devenus des Oasis où les chômeurs désabusés pouvaient passer leurs journées sans trop se ruiner… En seulement 2 ans, leur nombre passa d’une petite centaine à plus de 13 000 dans tout le pays !

PC Bang en 1993 ©Jtugman
PC Bang début des années 2000 ©Joongang Ilbo
©Blizzard Entertainment

Les Coréens se mettent donc aux jeux vidéo et ça leur réussit. L’engouement est tel que la Korea e-Sports Association ou KeSPA (la première formation gouvernementale au monde consacré aux jeux vidéo) est crée en 2000 pour gérer les premières compétitions organisées dans le pays. La même année a lieu les premiers championnats du monde du jeu vidéo en Corée où plus de 20 jeux sont en compétition. Puis en 2001, ce fut les premier World Cyber Games organisés par Samsung. Des chaînes de télévision (Ongamenet et MBC Game pour ne citer qu’elles) entièrement consacrées aux jeux vidéo sont créées et diffusent les compétitions d’e-sport, certains résultats de grands matchs sont même parfois annoncés dans les journaux télévises, ce qui les rend encore plus présents dans le quotidien des Coréens…

Le pays était tellement en avance sur le monde dans le domaine que l’IESF (International e-Sports Federation) s’est basé à Séoul depuis 2008 !

Aujourd’hui, le phénomène est loin d’être retombé, bien au contraire ! Biberonné aux exploits des premiers champions du e-sport et avec l’une des meilleurs connexion internet au monde, beaucoup de jeunes Coréens rêvent eux aussi d’en faire partie. L’e-sport fait même partie intégrante de la Hallyu (la vague culturelle coréenne) au côté de la K-pop et des dramas…

Le Phénomène PC Bang

Littéralement, PC Bang signifie ‘salle de PC’. Il est l’un de ces “bang” qui font partie intégrante du quotidien des Coréens au même titre que les Noraebang (les salles de karaoké) et les Jjimjilbang (les bains publics).

Si vous marchez dans les rues de n’importe quelle ville de Corée du Sud, vous tomberez rapidement sur l’une de ces enseignes ! Indiqués par des pancartes colorées, parfois avec des néons, souvent au sous-sol ou dans les étages d’un bâtiment lambda, les PC Bang sont à la fois partout et un peu cachés…

À l’intérieur, des dizaines de PC dernier cris sont alignés. Une fois installé et votre forfait payé (souvent autour des 1000 wons de l’heure soit environ 60 centimes d’euro) vous pouvez y faire ce que vous voulez (ou presque) !

©Domaine Public

La plupart des clients viennent profiter de la très haute connexion pour jouer à des jeux en ligne dans des chaises tout confort. Mais vous pouvez aussi y faire des recherches internet, traîner sur des sites de vidéos, chercher du travail, piquer un petit somme…

Ouvert 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, ils attirent un large public de tout genre et de tout âge. Cependant, il est intéressant de noter que suivant la plage horaire, le type de client sera différent : dans la matinée on trouve une majorité de jeunes actifs (entre 30 et 50 ans) à la recherche d’un travail, dans l’après-midi ce sont les groupes d’enfants qui viennent s’amuser alors qu’en début de soirée on y voit plus des adolescents et de jeunes adultes s’entraînant sur leur jeu favori… League of Legends, Lineage II, Overwatch ou encore StarCraft sont les jeux les plus populaires des PC Bang.

©NCSoft
©Blizzard Entertainment
©Blizzard Entertainment
©Riot Games

Bien que les PC Bang soient ouverts à tous, ils sont surtout devenus un endroit de refuge pour les lycéens. Épuisé par une compétition scolaire permanente, le PC Bang est l’endroit où ils peuvent se déconnecter entièrement de la pression sociale et avoir la paix quelques heures…

Un petit creux ? Aucun problème ! Vous pouvez commander depuis votre écran un casse-croûte et des boissons allant des simples ramyeons à des plats dignes de petits restaurants.

©Jtugman

Seules restrictions : aucun contenu explicite/illégal (pornographies, dark web, téléchargement illégal…), interdiction de fumer (certains endroits proposent des fumoirs, mais généralement il vous faudra sortir…) et aucun jeune de moins de 16 ans entre minuit et six heures du matin. Ce couvre-feu a été mis en place par le gouvernement pour lutter contre la cyberdépendance grandissante chez les jeunes Coréens. C’est pour cela que lors de votre connexion, une carte d’identité vous sera demandée !

Malgré une connexion ultra rapide dans plus de 80% des foyers coréens et un nombre élevé d’ordinateurs personnels sur le territoire, les PC Bang restent un incontournable en Corée du Sud notamment pour son aspect “déconnexion” (paradoxalement) et endroit de rencontre où jouer avec ses pairs. Et bien que certains quartiers soient mieux lotis que d’autres (notamment près des écoles et universités), vous pourrez en trouver un peu partout dans le pays.

©The Korea Herald

L'E-Sport

©KOCIS

Avec l’engouement pour les compétitions de jeux vidéo sont nées les premières équipes sponsorisées. Comme les Coréens sont très fier des exploits de leurs compatriotes sur la scène gaming international, posséder sa propre équipe permet de gagner en visibilité et en renommé non seulement en Corée mais aussi sur le marché international. C’est pour cela que beaucoup de grosses entreprises (des chaebols) ont monté leurs propres équipes comme cela peut se voir dans d’autres sports très populaires en Corée du Sud comme le football ou le baseball…

On retrouve ainsi la SSG (Samsung Galaxy Pro-game Team), les HLE (Hanhwa Life E-sport), les DK (Dplus Kia), les KT Rostler ou encore la célèbre SKT T1. Chacune de ces équipes est divisée en plusieurs teams qui évoluent sur des jeux et des circuits différents, une façon pour ces entreprises de ratisser large !

Les joueurs professionnels peuvent gagner beaucoup d’argent : certaines ligues assurent des revenus fixes aux joueurs, les grands tournois offrent de belles sommes aux vainqueurs mais c’est surtout grâce aux revenus annexes que les joueurs vivent (sponsoring, dotations, streaming…). Les joueurs pro (ou pro-gamer) ont une vie relativement semblable à des sportifs de haut niveau : entraînements quotidiens, analyse et stratégie de match, une santé physique et mentale contrôlée pour rester au top niveau…

Mais attention, la Corée est un vivier de talents ! Et dans un pays où la concurrence est rude, il n’est pas chose aisée de devenir pro ! Si dans d’autres pays, être un très bon joueur peut suffire à garantir le succès, en Corée il faut simplement être LE meilleur pour espérer une place au sommet…

Im 'BoxeR' Yo-hwan
Bae 'Knee' Jae-min
Lee 'Faker' Sang-heyok

Parmi les plus connus, on peut citer Im “BoxeR” Yo-hwan (l’un des joueurs de StarCraft les plus célèbre de tous les temps), Bae “Knee” Jae-min (joueur révolutionnaire du jeu Tekken) ou encore Lee “Faker” Sang-hyeok (souvent considéré comme le plus grand joueur de League of Legends). Ces joueurs sont respectés (voir même idolâtrés) à un tel niveau qu’on peut facilement les comparer à des acteurs ou des idols. On peut d’ailleurs noter que beaucoup d’équipes fournissent un dortoir afin que leurs joueurs passent un maximum de temps ensemble lors des préparations aux tournois et que cela renforce la cohésion de groupe, un peu à la manière des groupes de K-pop…

Mais le domaine du e-sport n’a pas simplement créé le métier de joueur professionnel. Autour d’eux, une véritable petite armée s’active pour faire vivre le secteur : coachs, agents, commentateurs, analystes, playtester, programmateurs… Autant de nouveaux métiers qui font vivre de plus en plus de passionnés sur la péninsule.

Fans assistant à un match de LoL ©AP-Louise Delmotte

Le pionnier : StarCraft

Évènement pour la sortie Remastered en 2017 ©Blizzard Entertainment

En 1998 arrivait sur les écrans coréens le jeu de stratégie StarCraft. C’est le jeu qui a fait exploser les jeux vidéo et le e-sport en Corée du Sud. En effet, il arrive pile au moment de la crise du FMI, pile au moment où beaucoup de Coréens n’ont plus rien à faire de leur journée si ce n’est allé au PC Bang…

Pourtant, cela ne semblait pas gagné… La société américaine à l’origine du jeu, Blizzard Entertainment, n’avait même pas pris la peine de faire traduire son jeu en coréen.. Ce fut pourtant un raz-de-marée ! Sur plus de 11 millions d’exemplaires vendus, un peu moins de 5 millions le furent en Corée du Sud ! (chiffres de 2009). On estime qu’à sa sortie, 12% de la population jouait à StarCraft. Des chiffres hallucinants quand on se rappelle de l’époque…

Finale du tournoi Korean Air OSL sur StarCraft en 2010

Et sur tous ces joueurs, certains ont marqué l’histoire en devenant des véritables légendes du jeu comme BoxeR, encore aujourd’hui considéré comme l’une des plus grandes stars du e-sport (le plus grand pour certains, le premier assurément). On peut aussi citer Bisu, July ou encore Stork

De nos jours, l’âge d’or de StarCraft semble révolu… Bien qu’il existe toujours des tournois professionnels, aucun grand champion n’a émergé depuis un moment et le public (et les investisseurs) s’en désintéresse de plus en plus au profit de nouveaux jeux…

League of Legends

Hymne des championnats du monde 2023 de League of Legends retraçant la carrière du joueur coréen ‘Deft’, chanté par le groupe de K-pop NewJeans

Pour beaucoup, League of Legend (abrégé en LoL) est le digne héritier de StarCraft. Lui aussi un jeu stratégique, mais il a l’avantage d’être un jeu en ligne Gratuit ! N’importe qui peut lancer une partie d’à peu près n’importe où, à condition d’avoir une bonne connexion.

Sa popularité en Corée du Sud n’est plus à prouver. C’est le jeu sur lequel les gens passent le plus de temps dans les PC Bang. En 2019, le serveur coréen comptait un peu plus de 2 millions de comptes. C’est plus que le serveur qui englobe l’Europe de l’Ouest (France, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Allemagne…) qui comptait à peu près 1,7 million de comptes…

©Riot Games

Avec une telle popularité, pas étonnant qu’une (très) grande partie des meilleurs joueurs du monde sur ce jeu soit coréen ! Ruler, Showmaker, Faker, Keria, Deft ou encore Chovy, autant de noms qui ont fait la renommée de la ligue coréenne, encore considérée aujourd’hui comme celle ayant le niveau le plus élevé sur LoL. Les Coréens ont tellement le monopole sur le jeu que la plupart des grandes équipes américaines, européennes et chinoises n’hésitent pas à débourser de grosses sommes d’argent pour les faire venir chez eux !

Le jeu est tellement populaire et la ligue nationale est tellement bien installée qu’un lieu spécialement dédié à accueillir les matchs a été construit à Séoul : le LoL Park. Avec 450 places disponibles, il est possible d’assister aux matchs de la LCK (League of Legends Champions Korea) mais aussi de rencontrer les joueurs lors de fanmeeting. 

'Keria'
'Ruler'
'Chovy'
'Showmaker'

Mais Leagues of Legend n’est pas seulement populaire en Corée du Sud, il l’est partout dans le monde. En fait, les Worlds (la plus grande compétition de LoL, regroupant les meilleures équipes du monde) sont même la compétition annuelle de e-sport la plus suivie au monde avec des dizaines de millions de spectateurs (sur place et en ligne) à chaque match ! Et depuis sa création, 11 des 14 finales disputées comprenaient au moins une équipe coréenne et 9 fois sur 11, le titre est revenu à la Corée du Sud !

SKT T1 remportant le trophé des Worlds en 2023 ©Riot Games

Pour être même plus précis : sur ces 9 titres, 5 ont été remportés par la même équipe SKT T1 mené par celui que tout le monde surnomme le GOAT, le Greatest Of All Time, Faker… Mais comme il n’y a rien de mieux qu’un fan pour en parler, je vous redirige vers les deux vidéos faites par Ego sur Youtube pour mieux comprendre cette histoire digne d’un roman !

L’image du Gaming en Corée

Si les jeux vidéo sont un divertissement très populaire chez les jeunes Coréens, ils restent encore assez incompris de la population plus âgée et subissent les mêmes clichés négatifs qu’en France. Si vous regardez des dramas, vous avez forcément déjà vu une scène dans un PC Bang où la population représentée sont des jeunes délinquants, en décrochage scolaire voir même les petites frappes du lycée…

Aussi bien que le e-sport soit en vogue et que des stars comme Faker fassent des publicités au côté de Son Heung-min (le célèbre joueur de football sud-coréen), la très grande majorité des parents ne voient pas cela d’un très bon œil et encore moins comme une voie professionnelle sérieuse…

Cependant petit à petit, les mentalités semblent évoluer. La création très tôt d’une fédération nationale et la reconnaissance de l’e-sport comme un sport pouvant être reconnu comme emploi officiel (premier pays dans le monde à le faire en passant) ont permis de faire connaître la discipline au grand public dans un premier temps. 

Puis la création de la fédération internationale de sport électronique (ESIF) en 2010 et la reconnaissance du sport par le comité olympique asiatique ont fini d’asseoir sa légitimité au plan international. Si les compétitions d’e-sport sont dorénavant possibles lors de futurs Jeux olympiques, elles sont déjà apparues durant les 19e jeux asiatiques de 2023. Et devinez quoi ? Sur les 7 jeux en compétitions, la Corée du Sud est repartie avec 3 médailles ! 2 en or (sur LoL qui avait formé une “dream team” avec les meilleurs joueurs du pays pour l’occasion et sur Street Fight V avec Kim « M.Lizard » Gwan-woo qui avait alors 44 ans !) et 1 en bronze (sur FIFA pour Kwak « KWAK » Jun-hyuk)

Kim 'M.Lizard' Gwan-woo ©Korea JoongAng Daily
©AP-Louise Delmotte
Kwak 'KWAK' Jun-hyuk (sur la droite) ©Asian Electronic Sports Federation

Jusqu’alors les Coréens étaient surtout de bons joueurs, mais ils se lancent de plus en plus dans le développement de leurs propres jeux ! Les deux compagnies les plus importantes sont Nexon (MapleStory, Blue Archive, Dungeon & Fighter, KartRider) et NCsoft (Guild Wars, Lineage). Si le marché était principalement concentré sur les jeux en ligne depuis plusieurs années, les jeux mobiles ont de plus en plus la côte, notamment auprès d’un public plus âgé.

C'est à visiter !

Si vous êtes un fan de jeux vidéo, plusieurs lieux seront immanquables lors de votre voyage en Corée. Déjà l’expérience dans un PC Bang est tout simplement incontournable pour complètement s’immerger dans l’ambiance gaming coréenne…

Ensuite pourquoi pas faire un tour au LoL Park. Si le lieu est surtout animé les jours de matchs, vous pouvez quand même le visiter autrement: vous y trouverez des objets en rapport avec la ligue coréenne exposée mais aussi un café, un magasin de merch, un PC Bang pour vous entraîner à League of Legend (bien évidemment !).

©Riot Games

Pour les fans de Faker (et pas que !), vous pouvez passer devant le building de la T1, où l’équipe e-sport du chaebol SK Telecom à ses quartiers ou bien au T1 Base Camp, où vous pourrez lancer une partie dans un PC Bang décoré entièrement aux couleurs de l’équipe ou vous achetez un goodies de votre joueur préféré. Et si vous venez un jour de match, vous pourrez assister à la retransmission de la partie entouré de fans !

©KTO
©KTO

Mais comme le e-sport ce n’est pas que LoL (même en Corée du Sud !), vous pouvez aussi visiter le E-sports Hall of Fame (E스포츠 명예의 전당), un petit musée qui met à l’honneur tous les grands joueurs de e-sport coréens, passé et présent.

©KTO
©KTO
©KTO

Et les femmes ?

Si la place des femmes dans le milieu des jeux vidéo est globalement très invisibilisée, en Corée du Sud où le patriarcat et la misogynie ont encore pignon sur rue, la situation est encore plus extrême…

Bien que les chiffres montrent qu’il y a autant de Coréens que de Coréennes qui jouent aux jeux vidéo, on a du mal à trouver ses femmes ! Aux PC Bang, une grande partie de la clientèle est masculine (parfois même exclusivement masculine) et en compétitions, on compte les pro-gameuses sur les doigts d’une main…

Plusieurs ligues féminines ont été créées ces dernières années, mais elles ont du mal à capter l’intérêt du public et les pro-gameuses gagnent rarement assez d’argent pour vivre de leur passion…

En fait, même lorsque des efforts sont faits pour promouvoir le gaming au féminin, les méthodes utilisées sont souvent assez maladroites comme lorsqu’en 2019 la célèbre équipe d’e-sport Gen.G avait lancé son équipe féminine sur Fortnite ‘Team Bumble’, sponsorisé par une célèbre application de rencontre… Dans un environnement où les femmes sont réduites à des fantasmes, le e-sport féminin a encore beaucoup de chemin à faire pour paraître sérieux…

Kim 'Geguri' Se-yeon, joueuse de Overwatch et streameuse reconnue

Un peu de Lexique

Si vous n’y connaissez rien en jeux vidéo, le langage de ses adaptes peut paraître à première vu aussi compliqué qu’une langue étrangère ! Pas de panique voici une anti-sèche pour débuter dans le monde du gaming !

E-sport : pratique des jeux vidéo à un niveau professionnel (équipe pro, tournois et matchs officiels, fédération…)

MOBA : Multiplayer Online Battle Arena, c’est-à-dire un jeu mettant en scène des arènes dans lesquelles des équipes de joueurs se livrent bataille.

MMORPG : jeu de rôle en ligne massivement multijoueur

GG : Good Game ou Bien Joué ! (Se dit à la fin d’une partie gagnée)

SCRIM : match privé en condition pour s’entraîner/s’évaluer

Roster : la liste des joueurs alignés dans une compétition

Gosu : terme coréen qui désigne un joueur professionnel ou un amateur particulièrement doué (employé à l’international par les joueurs de Starcraft, le terme c’est aujourd’hui étendu à la plupart des jeux).

BO5 : Best of 5, désigne le format de la plupart des compétitions internationales (les équipes s’affrontent en 3 manches gagnantes, ce qui donne au maximum 5 parties)

Et maintenant, à vos clavier ~

©Yonhap News
Sources

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