Chuseok : comprendre la fête des récoltes en Corée du Sud
Une immense pleine lune, des tables couvertes de nourriture, des familles qui se réunissent et des gâteaux de riz fraîchement préparés… Voilà comment on pourrait résumer, dans les grandes lignes, Chuseok, l’une des fêtes les plus importantes du calendrier coréen !
Souvent comparée (à tort !) au Thanksgiving américain, elle est pourtant bien plus que cela : derrière les tables bien remplies se cachent des rites ancestraux, des croyances liées à la Lune, des jeux traditionnels et tout un ensemble de symboles hérités de la société agricole coréenne.
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ToggleChuseok, la grande fête des récoltes
Chuseok (littéralement “soirée d’automne”) désigne la fête des récoltes qui est célébrée chaque année en Corée le 15e jour du 8e mois lunaire, lors de la pleine lune. Cela tombe généralement entre la mi-septembre et début octobre sur le calendrier grégorien. On utilise aussi parfois le terme Hangawi pour parler de cette fête, qui est son nom vernaculaire coréen (contrairement à Chuseok qui provient de caractères traditionnels chinois).
À cette date, on célèbre la fin des récoltes et la clôture des travaux agricoles de l’année (la majorité en tout cas). Autrefois, après avoir passé le printemps et l’été à s’affairer aux champs, il était enfin temps pour les paysans de se reposer et de profiter du fruit de leur travail.
Il est assez dur de retracer son origine exacte… Mais on en trouve une première trace sous le nom de Gabae dans les Mémoires Historiques des Trois Royaumes (Samguk Sagi). Il est dit que durant 1 mois avant la fête, les communautés de femmes se divisaient en deux et s’affrontaient dans une compétition de tissage qui prenait fin à Chuseok (ou plutôt Gabae en l’occurrence). Les gagnants se voyaient offrir un repas de la part des perdants…
Les traditions agraires ayant été à la base de la société coréenne pendant des millénaires, on peut supposer que le Chuseok que l’on connaît aujourd’hui puise ses origines d’une multitude de coutumes et de célébrations de ce moment si important de l’année pour les paysans. On peut aussi noter que le fait qu’elle se passe à la pleine Lune reflète l’importance de l’astre dans sa symbolique de la prospérité, de la fertilité et, de fait, des récoltes.
Aujourd’hui, on célèbre encore Chuseok dans les deux Corées. Le jour est férié en Corée du Nord. En Corée du Sud, la fête donne lieu à trois jours feriés (la veille, le jour même et le lendemain). Et bien que la société ne soit plus aussi agraire qu’avant et que les modes de vie ont beaucoup changé, Chuseok reste une fête très importante pour le pays. C’est aussi un moment privilégié pour se retrouver en famille, prendre des vacances, reconnecter avec ses racines et les traditions.
Charye : le rituel des ancêtres et la table de Chuseok
차례 (charye) est un rite commémoratif rendu aux ancêtres lors de certaines grandes fêtes, dont Chuseok. On dresse une table que l’on offre aux esprits de nos ancêtres (généralement sur 4 générations) afin de leur montrer notre respect et notre gratitude au regard du temps écoulé (dans ce cas-là, pour l’année agricole). Il s’agit d’un rituel confucéen qui sert à renforcer la piété filiale, l’un des piliers fondamentaux de ce courant de pensée.
Durant la dynastie Joseon, lorsque l’influence du confucianisme était à son paroxysme en Corée, ce rite était observé très régulièrement (au moins une fois par mois). Aujourd’hui, il est généralement tenu uniquement lors de grandes fêtes comme à Chuseok ou à Seollal.
Comment se déroule le charye ?
Avant même de dresser la table, il y a des règles précises à suivre : pendant 3 jours précédant le rituel, les participants doivent se réfréner de participer à certaines activités et la maison doit être entièrement nettoyée. Le matin du rite, la table est dressée avant toute chose. Les participants se placent ensuite par ordre d’âge devant la table, les hommes à droite et les femmes à gauche, et le chef de famille est celui qui va conduire le rite.
- La cérémonie commence avec l’invocation des esprits : on allume l’encens, on verse une coupe d’alcool et on fait ensuite tourner la coupe au-dessus de l’encens 3 fois.
- Tout le monde s’incline (2 fois pour les hommes, 4 fois pour les femmes)
- On sert du vin à chaque ancêtre et on les invite à manger en plongeant les cuillères dans le riz.
- Tout le monde reste assis en silence pendant quelques minutes le temps que les esprits absorbent leur repas (certains vont même jusqu’à quitter la pièce pour laisser plus d’intimité aux esprits).
- On retire les cuillères et on se prosterne une nouvelle fois pour clôturer le rituel.
Après cela la table est rangée et les plats sont partagés entre tous les participants qui peuvent enfin petit-déjeuner !
(Je précise quand même : ce déroulé est une version très traditionnelle et aujourd’hui, les familles ne suivent pas forcément tous les points à la lettre !)
Les aliments et les règles de disposition de la table
Les offrandes ne sont pas choisies au hasard ! La table doit refléter l’abondance et la fertilité. Elle est organisée selon des codes très précis !
Au plus près de la tablette de l’ancêtre (신위 sinwi) et de l’encens placés juste devant, on trouve:
- riz / Songpyeon / Soupe / Alcool (C’est le plus important)
- Poissons / viandes / jeon
- soupe / tang
- Légumes marinés et cuits / kimchi / sikhye
- fruits, noix, pâtisseries
Mais plus que ça, la disposition des aliments est dirigée par 5 expressions clefs :
- 어동육서 eodongyukseo, le poisson à l’Est, la viande à l’Ouest
- 두동미서 dudongmiseo, la tête à l’Est, la queue à l’Ouest (en parlant du poisson)
- 좌포우혜-좌포우해 jwapouhye-jwapouhae, la viande séchée à gauche, le sikhye – le poisson fermenté à droite
- 조율이시 joyulisi, le jujube, la châtaigne, la poire et le kaki (qui sont à placer dans cet ordre)
- 홍동백서 hongdongbaekseo, le rouge à l’Est, le blanc à l’Ouest (règle principalement appliquée aux fruits)
Songpyeon : les gâteaux de riz de Chuseok
Parmi les offrandes de la table de Charye, le songpyeon est sûrement le plus emblématique. Pourtant, il n’était pas réservé à Chuseok ni même aux tables d’offrandes… Mais comme il est fait à base de farine de riz fraîchement récolté, l’association est naturellement faite !
Il s’agit de gâteaux de riz fabriqués à partir de la première récolte de l’année, que l’on présente aux ancêtres afin de recevoir leur bénédiction. Ces gâteaux de riz sont cuits à la vapeur sur des aiguilles de pin, ce qui leur donne leur nom (Song -> pin), ainsi que leur parfum caractéristique.
Les songpyeons peuvent avoir différentes garnitures (haricot rouge, haricot mungo, châtaignes, dattes, cannelle…) et différentes couleurs (vert pour l’armoise, jaune pour le potimarron, violet pour la patate douce et bien agrémenté de fleurs…).
Il y a un certain folklore derrière la préparation de ces petits gâteaux : on raconte que les jeunes femmes formant de jolis songpyeon trouveraient de bons maris et que celles enceintes donneraient naissance à de jolies filles. Dans le temps, les femmes se rassemblaient donc la veille de Chuseok pour s’appliquer à faire les plus beaux songpyeon possibles !
Qu’est-ce qui est exclu ?
A contrario, on évite de placer certains aliments sur la table de Charye, que l’on pense repousser les esprits (donc pas du tout le but dans ce cas précis !) comme des aliments avec beaucoup de piment ou d’ail. Les poissons dont le nom finit en -chi (galchi -> poisson sabre, kkongchi -> sardine, myeolchi -> anchois…) sont aussi à proscrire car de moindre valeur.
Mais il n’y a pas une table de chuseok type… Sa composition et son agencement peuvent varier selon les familles, les régions et les produits disponibles (dites-vous : c’est un budget en soi ! suivant que vous avez les moyens ou non, la table peut être assez différente !)
La pratique de charye aujourd’hui
Traditionnellement, la préparation demandait l’effort d’une famille entière, alors qu’aujourd’hui, comme les familles sont plus éclatées, que cela prend plus de temps de se réunir et qu’on manque parfois de temps et/ou de place, beaucoup se tournent vers des produits tout prêts sur le marché ou en supermarché (la première option semble la plus appréciée, car cela reste des produits faits main plutôt qu’industriels !).
De nos jours, les familles cherchent à alléger la charge (économique et mentale) autour de Chuseok et optent pour des célébrations plus simples, moins ostentatoires… Et quand on se penche sur les sources historiques, on remarque en fait que cela correspond beaucoup plus aux tables traditionnelles ! Chuseok étant devenu Le moment de l’année où TOUTE la famille est réunie, les portions n’ont fait qu’augmenter… La société de consommation y est aussi pour beaucoup… La plupart des Coréens vous diront qu’ils repartent de Chuseok le coffre rempli de restes !
Les symboles et traditions de Chuseok
Ganggangsullae, la danse sous la pleine Lune
On dit que la plus belle et la plus ronde des pleines lunes de l’année tombe le jour de Chuseok… C’est donc le jour parfait pour danser le Ganggangsullae !
Le Ganggangsullae est une danse qui trouve ses origines dans le sud-ouest de la péninsule coréenne (dans la région du jeollanam-do) et s’est ensuite répandue à travers tout le pays.
Il symbolise la Lune, l’harmonie et la fertilité (on le pratique d’ailleurs de nuit !). Des symboles clés de Chuseok : c’est pour ça qu’on le retrouvait essentiellement à cette période… Mais pas que ! On le pratique aussi pour d’autres fêtes intimement liées à la pleine Lune (comme Daeboreum ou l’anniversaire de Bouddha).
Une sorrigun (la chanteuse principale) chante pour donner le rythme, suivie par les participantes qui répètent « Ganggangsullae ». Le tout est généralement accompagné d’un tambour coréen, un janggu.
Le Ganggangsullae est intimement lié aux femmes. Il est chanté et dansé par des groupes entièrement composés de femmes (traditionnellement des jeunes femmes pas encore mariées). Pendant la dynastie Joseon, les femmes n’avaient pas beaucoup l’occasion de sortir pour se retrouver entre elles. Ce moment était donc l’un des rares instants de sociabilité féminine !
La chanson commence sur un rythme lent, puis gagne progressivement en intensité. Les participantes tournent main dans la main, dans le sens des aiguilles d’une montre, au rythme imposé par la sorrigun.
En plus du pattern de base, il existe plusieurs mini-jeux/scénettes qui peuvent être intégrés à la danse, comme :
- gaegori taryeong (개고리타령), le chant de la grenouille [Voir 5:53 sur la vidéo]
- cheongeo yeokko pulgi (청어엮고 풀기), accrocher et décrocher le hareng [Voir 6:45 sur la vidéo]
- deokseok morgi (덕석몰기), enrouler la natte [Voir 7:55 sur la vidéo]
- giwa bapgi (기와밟기), la marche sur les tuiles [Voir 9:28 sur la vidéo]
- jwinjwi saekki nori (쥔쥐새끼놀이), le jeu du mulot [Voir 10:32 sur la vidéo]
- kkori ttagi (꼬리따기), attraper la queue [Voir 11:08 sur la vidéo]
- munjigi nori (문지기놀이), le jeu du gardien [Malheureusement pas sur la vidéo]
Légende de l’amiral Yi Sun-sin
On raconte que pendant les invasions japonaises du XVIe siècle, l’amiral Yi Sun-sin aurait repoussé l’envahisseur grâce à cette danse. Il aurait demandé à des femmes de danser en cercle sous la pleine lune, des torches à la main, afin de faire croire que les forces de l’armée coréenne étaient bien plus importantes que la réalité… Résultat : les Japonais auraient alors battu en retraite, pensant être surpassés !
On aime bien raconter la légende avec l’amiral Yi Sun-sin comme la genèse de cette danse… La réalité est qu’on ne sait pas exactement d’où elle vient et depuis quand elle est pratiquée… Ce qui est sûr, c’est qu’à travers le temps, elle est devenue plus qu’une tradition : c’est un moment de communion et de camaraderie pour tous les Coréens ! Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que cette chanson inspire encore les nouvelles générations et que de nombreuses “versions modernes” ont vu le jour !
Daltokki, le lapin de la Lune
Depuis des temps anciens, les Coréens observent les astres avec attention… Et à bien y regarder, il semble se dessiner sur la Lune la silhouette d’un lapin (ou d’un lièvre) et d’un pilon ! De cette forme, une légende bien particulière est née…
Dans un village vivaient un lapin, un renard et un singe. Un jour, l’Empereur des Cieux, voulant tester leur générosité, se rendit sur Terre déguisé en mendiant et demanda à chacun un peu de nourriture… Le renard lui présenta du poisson et le singe, des fruits. Mais le lapin, n’ayant rien à offrir, se jeta lui-même dans les flammes afin de faire don de sa chair. Ému par ce geste, l’Empereur décida d’en faire le gardien de la Lune afin que chacun puisse se rappeler son noble sacrifice.
Cette histoire est en fait un conte bouddhiste. Il est raconté dans plusieurs pays d’Asie avec quelques variantes…En Chine, par exemple, il apparaît sous le nom de Yùtù (Lapin de Jade, un nom qu’on peut aussi retrouver en Corée : Oktokki). On dit là-bas qu’il fabrique un élixir d’immortalité.
En Corée, on dit plutôt que, sur la Lune, le lapin pétrit du tteok sous un arbre Gyesu (symbole de longévité et de robustesse). Cela rappelle la fertilité et l’abondance des récoltes, si importantes à la fête de Chuseok.
Dans tous les cas, le lapin y est vu comme un symbole de longévité et est donc intimement lié dans le folklore à la Lune ! Aussi, comme la pleine lune de Chuseok est censée être la plus grosse et la plus ronde de l’année, il s’agit là de la meilleure période pour raconter cette histoire ! De fait, le lapin faisant du tteok est devenu presque indissociable de la fête dans la culture populaire.
Si vous le cherchez, le lapin de la Lune se dessine sur les mers lunaires, ces parties plus sombres sur la face de l’astre. Traditionnellement, on le représente d’un blanc si lumineux qu’il éblouit à la manière de la Lune.
Seongmyo, la visite aux tombes des ancêtres
En plus du rituel de Charye, une autre tradition relative aux ancêtres est observée à Chuseok. Il s’agit de Seongmyo, la visite aux tombes.
Traditionnellement, la veille de Chuseok ou bien le jour même, les familles allaient sur les tombes de leurs ancêtres pour y tenir une petite cérémonie. On faisait quelques offrandes et on se prosternait devant la tombe afin de montrer notre respect et de faire acte de piété filiale.
Le moment était aussi l’occasion d’entretenir l’endroit. Les tombes coréennes étant traditionnellement des tumulus de terre, il est important de nettoyer un peu les alentours, enlever les mauvaises herbes et réparer ce qui doit l’être pour que la tombe reste dans un aspect acceptable.
Aujourd’hui, malheureusement, cette tradition tend à disparaître… Beaucoup de Coréens sont désormais incinérés et leurs cendres reposent dans des cimetières où des dizaines voire des centaines d’urnes sont rassemblées… Dans ces conditions, il est un peu délicat de se rassembler dans ces endroits pour accomplir le rituel.. Aussi, pour ceux qui sont encore inhumés sous un tumulus, l’exode des populations peut rendre l’accès à certaines sépultures pour les familles (trop loin, trop inaccessibles voire même disparues à cause de l’urbanisation pour les tombes les plus anciennes…). Pour toutes ces raisons, les Coréens préfèrent ne pas pratiquer de seongmyo et se concentrent sur la pratique de Charye.
Que faire en Corée pendant Chuseok ?
En tant que touriste en Corée, il peut sembler délicat de profiter de Chuseok. À moins d’être invité dans une famille pour en profiter, on pourrait penser que cette fête est trop intime pour qu’on s’y joigne… Et pourtant, il existe beaucoup de façons de profiter de la période ! Voici mes conseils :
Assister à des événements traditionnels
Pendant les vacances de Chuseok, beaucoup des lieux touristiques proposent des événements spéciaux pour l’occasion, notamment ceux avec une portée historique !
Les quatre grands palais de Séoul, par exemple, sont généralement ouverts gratuitement pour l’occasion. De nombreux musées organisent des événements spéciaux comme des spectacles d’arts traditionnels. Les villages traditionnels ne sont pas en reste : ils proposent aussi des jeux et des activités traditionnels…
Si vous êtes à Séoul, rendez-vous donc à un des palais royaux, au village de Namsangol ou bien encore au Musée Folklorique National de Corée pour profiter de ces lieux tout en apprenant plus sur la culture coréenne !
Vous pouvez aussi voyager jusqu’à l’un des villages traditionnels de Corée comme Hahoe Village à Andong, Oeam Village à Asan ou encore Nagan Eupseong Village près de Suncheon. C’est le meilleur moyen de s’imprégner de l’histoire coréenne et de l’ambiance si spéciale de cette période !
(Pour en découvrir plus sur le village traditionnel de Hahoe, c’est ici)
(Faites tout de même attention aux horaires qui peuvent être différents de d’habitude. Certains endroits ferment le jour même de Chuseok et les activités ont lieu la veille et le lendemain de la fête ! Aussi attendez-vous à beaucoup de monde !)
Goûter aux desserts coréens traditionnels
L’un des emblèmes de Chuseok est le Songpyeon, ce gâteau de riz fourré. C’est l’occasion parfaite pour vous familiariser avec l’art délicat et méconnu des desserts coréens ! Sur les marchés ou dans les boutiques de Ddeok (les ddeokjip !), vous trouverez toutes sortes de gâteaux de riz, de toutes les couleurs et formes possibles !
Faites aussi un tour à l’espace Hansik E:Eum à Bukchon. Il s’agit d’un espace dédié à la cuisine coréenne. Ils proposent fréquemment des cours de cuisine gratuits en rapport avec la saison ! Une manière ludique de découvrir des plats typiques ~
Mais on ne va pas se mentir, les meilleurs ddeok que vous pouvez trouver seront sur les marchés ! N’hésitez pas à entrer dans les fabriques qui ne paient pas de mine, il y a souvent des coffrets spécialement conçus pour Chuseok !
Acheter un hanbok
Lors des fêtes importantes comme Chuseok et Seollal, il était de tradition de s’offrir de nouveaux vêtements pour apparaître devant les ancêtres sous notre meilleur jour… On peut noter aussi que, dans une version plus ancienne de Chuseok, on observait une compétition de tissage !
Le point commun de ces deux traditions de Chuseok, ce sont les habits ! Voilà donc votre signe pour vous doter d’une toute nouvelle tenue afin d’honorer les traditions (ahah) !
En vous baladant dans les rues d’Insadong, vous tomberez sur de nombreuses boutiques de Hanbok moderne. Vous pourrez ensuite parader dans votre plus belle tenue ~
Visiter une tombe royale
Rendre hommage aux ancêtres est, comme on l’a vu, un point central de Chuseok. Mais lorsque l’on est un “simple touriste”, visiter une tombe ou un cimetière est un peu trop intime. Cela pourrait même paraître déplacé à côté des familles qui sont là pour se recueillir sur la tombe d’un proche…
Mais il y a des endroits qui sont au contraire tous désignés pour la période : les tombes royales ! Ils ne sont certes pas vos ancêtres (enfin peut-être ?) mais ça peut être sympa et ça reste dans la thématique !
Surtout qu’elles sont exceptionnellement ouvertes gratuitement sur la période ! Pareil pour le sanctuaire Jongmyo (le sanctuaire royal de la dynastie Joseon). De quoi vous connecter à la culture de la piété filiale coréenne tout en découvrant des lieux magnifiques.
Les tombes sont éparpillées tout autour de Séoul, vous avez l’embarras du choix ! Ma reco personnelle : Donggureung, un complexe de 17 tombes allant du 15e au 19e siècle (soit toute la période Joseon !) dans un parc particulièrement beau !
Déambuler dans un marché traditionnel
Rien de mieux pour découvrir ce que les Coréens mangent pour les fêtes ! Et même d’y goûter ~
Le marché Gwangjang est le plus connu de Séoul, mais osez vous aventurer dans des lieux plus pittoresques comme à Namdaemun ou Mangwon…
Attention tout de même, il y aura sûrement beaucoup de monde (et beaucoup de boutiques ferment à Chuseok). Aussi, privilégiez une visite le matin, c’est souvent le moment où les marchés sont les plus vivants !
Si vous êtes en Corée quelque temps avant Chuseok, vous pouvez aussi vous rendre au marché Seoro ! Il est organisé tous les ans en amont de la fête à Séoul afin que les citadins puissent se fournir en ingrédients frais et locaux. Il s’agit du plus grand marché agricole de l’année ! De quoi découvrir plein de belles (et bonnes !) choses ~
Se poser devant une émission spéciale chuseok
De la même manière que l’on aime se poser devant un feuilleton de Noël entre la bûche et les cadeaux en occident, les programmes télé coréens sont remplis d’émissions “spéciales Chuseok” à cette période ! Entre concerts (de célébrité et d’inconnu), jeux traditionnels, compétitions de Ssireum et documentaires historiques et culturels, il y a de quoi passer de bons moments ! De quoi faire monter une nostalgie d’un passé qu’on n’a pas connu…
(-> Pour en apprendre plus sur le Ssireum, c’est par ici)
Profiter de la pleine lune
Chuseok a lieu durant la plus belle pleine lune de l’année (selon les Coréens). C’est donc l’occasion de se poser à la nuit tombée et d’observer le ciel… Qui sait ? Peut-être pourriez-vous apercevoir un lapin ??
⚠️ ATTENTION ⚠️
Je l’ai déjà évoqué plus tôt, mais Chuseok est avant tout une période fériée… Il n’est donc pas rare que les horaires soient différents de d’habitude ! Vérifiez donc le programme des lieux que vous voulez visiter (sur leurs réseaux sociaux, sur place ou sur Naver Map).
Prévoyez aussi vos déplacements bien à l’avance ! Il s’agit de la période la plus chargée pour les transports : les tickets de trains et de bus sont souvent tous vendus des mois à l’avance et les routes complètement bouchées ! Si vous souhaitez sortir de Séoul, prenez de l’avance !
Enfin, l’affluence des lieux touristiques est bien plus importante qu’à l’habitude… Préparez-vous à faire face à des marées humaines si vous visitez des endroits populaires… (Des réservations sont même fortement recommandées pour certaines expériences !)
Pour finir : si vous êtes en Corée pendant Chuseok, ne cherchez pas forcément à “faire comme les Coréens” (à moins d’y avoir été invité !). Profitez plutôt de cette période pour en apprendre plus et observer une autre facette de la culture coréenne…
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