Jour 4 : Gangneung
Je suis arrivée à Gangneung de nuit, j’ai dû attendre le lendemain pour profiter de la ville. Bien qu’elle soit presque 3 fois plus peuplée que Sokcho où j’étais précédemment, elle est aussi 10 fois plus étendue ! Ce qui lui donne paradoxalement un air plus convivial, notamment en centre-ville. La ville est une station balnéaire qui accueille de nombreux vacanciers coréens à la recherche de calme (et ça se sent !). La ville est aussi très connue pour son festival de Dano (une fête traditionnelle coréenne ayant lieu le 5e jour du 5e mois). Ce n’était malheureusement pas le bon moment lorsque j’y étais, ça sera pour une prochaine fois…
Mais le festival et la plage ne sont pas les deux seules choses d’intérêt à Gangneung ! Deux anciennes demeures font la fierté de la région depuis plusieurs siècles et c’était justement la raison de ma venue.
Plutôt que d’aller directement au parking de la première, j’ai décidé de me garer pour la journée près du lac Gyeonpo. Je pensais ainsi éviter (encore une fois !) un possible parking rempli mais surtout ça m’a permis de profiter pleinement des paysages. On surplombe du lac, on trouve un petit pavillon qui offre une vue imprenable sur le lac jusqu’à l’immense hôtel (dans un style très balnéaire) qui marque la démarcation entre le lac et la mer. J’ai suivi un peu les bords du lac avant de bifurquer et de m’enfoncer dans la campagne et d’enfin arriver à l’entrée de Seongyojang.
Seongyojang est une demeure qui remonte au 17e siècle lorsque Lee Naebon, un (très) lointain descendant de la famille royale, s’installa à Gangneung. À l’époque, le lac Gyeongpo bordait la maison ce qui lui a donné son nom : Seon pour les bateaux et Gyo pour la passerelle menant à la maison. 10 générations se sont succédées dans ses lieux et on tour à tour amené des modifications à la maison lui donnant son aspect actuel.
Fun fact : la maison est toujours habitée par les descendants de la famille ! Pas dans les parties historiques principales, mais dans une dépendance attenante… Mais ça permet au lieu de garder une âme familiale : on a plus l’impression de visiter la maison d’une connaissance qu’un musée !
La première chose qu’on voit en entrant est le pavillon Hwallaejeong et son bassin de lotus. Dans le pur style architectural traditionnel coréen, il se fond parfaitement au lieu et donne une irrésistible envie de s’y poser pour boire un thé ou lire un livre. Et ça tombe bien : lorsque j’y étais, un événement littéraire était organisé ! Une petite bibliothèque était mise à disposition ainsi que des poufs et des chaises dans le jardin devant la maison pour permettre aux visiteurs de profiter du beau temps dans ce lieu idyllique. Une façon de perpétuer la tradition de la maison d’accueillir des artistes en itinérance en pension.
Une fois passé la porte principale de la maison, on arrive dans un mini labyrinthe typique des hanoks, les maisons traditionnelles coréennes. À droite, caché derrière plusieurs murets et bâtiments pour les servants, on trouve l’Anchae, la partie réservée aux femmes. Cette partie était la plus intime de la maison, seule les membres de la maison y avaient accès. On s’y sent comme dans un cocon. On n’a pas accès à l’intérieur des pièces, mais quelques portes sont ouvertes laissant apercevoir l’architecture de l’intérieur et quelques meubles d’époque. L’architecture globale est à la fois très simple et élégante avec une attention apportée aux détails qui donnent envie de s’arrêter devant chaque porte, tuiles, piliers… Derrière l’Anchae, on aperçoit (à moitié caché) la Sadang, le sanctuaire de la famille. Ce lieu accueille les tablettes des ancêtres de la famille et est hautement sacré (c’est pour ça qu’on n’y a pas accès). Et entre deux bâtiments, les cuisines servaient à la fois à préparer des repas, chauffer les pièces et à passer directement d’un endroit à l’autre de la maison pour les servants.
En passant de l’autre côté de l’un de ces passages, on atterrit dans le Sarangchae, la partie “publique” de la maison. C’est ici que l’on recevait les invitées et que les hommes vivaient. La cour intérieure est plus spacieuse ici, on sent la différence entre les deux parties. On sent aussi que le Sarangchae est plus récent : l’un des pavillons (Yeolhwadang) à un porche offert par le consul russe ayant séjourné ici, il y a plus d’un siècle. (Fun fact : il y a aussi un orgue à l’intérieur de ce pavillon !)
En plus de café qu’il y a dans l’enceinte du jardin (typique des Coréens), on trouve aussi un mini musée qui expose tout un tas d’objets qui étaient utilisés au quotidien dans la maison (ça va des meubles, aux ustensiles de cuisine en passant par les livres…). Il y a aussi une partie avec des habitations dans un style traditionnel plus humble construits récemment. Vous pouvez passer une nuit dans l’une d’elles ! Ils proposent aussi des expériences traditionnelles ici comme des cérémonies du thé, des représentations de théâtre traditionnel… (pour en savoir plus je vous renvois vers leur site)
Seongyojang est considéré comme l’une des plus belles maisons traditionnelles conservées en Corée du Sud et je comprends pourquoi ! Chaque recoin renvoie au prestige de la famille (certains comparent la maison avec une résidence royale tant elle est considérée comme fastueuse) sans jamais en faire trop. Elle expose vraiment le style coréen à la perfection. Le décor est aussi un gros point fort du lieu. On est au milieu de la campagne, un endroit très calme, entouré de pins et de bambous. Je vous invite d’ailleurs à faire le tour du terrain en suivant le muret extérieur pour profiter pleinement du lieu.
Seongyojang est considéré comme l’une des plus belles maisons traditionnelles conservées en Corée du Sud et je comprends pourquoi ! Chaque recoin renvoie au prestige de la famille (certains comparent la maison avec une résidence royale tant elle est considérée comme fastueuse) sans jamais en faire trop. Elle expose vraiment le style coréen à la perfection. Le décor est aussi un gros point fort du lieu. On est au milieu de la campagne, un endroit très calme, entouré de pins et de bambous. Je vous invite d’ailleurs à faire le tour du terrain en suivant le muret extérieur pour profiter pleinement du lieu.
Je me suis ensuite dirigée vers la deuxième maison historique de Gangneung : Ojukheon. À pied, ça ne prend qu’une vingtaine de minutes, on peut donc facilement enchaîner les deux sans voiture. Ojukheon est un lieu encore plus ancien que Seongyojang : il date du 15e siècle, au début de la dynastie Joseon, et a été nommé ainsi en référence aux bambous noirs qui y poussent. Elle est rentrée dans l’histoire car elle a vu naître deux figures importantes de l’histoire coréenne : Saimdang et son fils Yi I.
Note sur Saimdang : Shin Saimdang est la fille d’une famille noble, mariée à un commandant, qui a vécu dans la première moitié du XVIe siècle. Connue pour ses poèmes, sa calligraphie et ses peintures, elle est le symbole de la “mère parfaite” selon les critères confucéens, ce qui lui a valu le surnom de Mère Sage, 어진 어머니. Son portrait orne les billets de 50 000 ₩ sud-coréens (avec l’une de ses peintures en fond).
Note sur Yi I : Aussi connu sous son nom de plume, Yulgok (율곡, vallée de châtaignes), il est le 3e fils de Sin Saimdang. Enfant prodige, il passe l’examen de la fonction publique à seulement 13 ans. Il est ensuite connu pour son grand esprit et ses nombreux travaux qui ont façonné la pensée confucéenne coréenne. Son portrait orne les billets de 5 000 ₩ sud-coréens (avec ojukheon en fond).
En entrant, on arrive sur un jardin très mignon où on retrouve bon nombre de plantes que Saimdang aimait peindre. J’ai trouvé que c’était un très joli hommage, tout en douceur, qui donne l’impression de se retrouver dans le jardin de l’artiste tel qu’elle l’entretenait.
Mais après avoir été éblouie par Seongyojang, je dois avouer que ma première impression a été… pour le moins maussade ? Avant d’arriver véritablement à la maison, on passe par une grande place, très vide, faite récemment afin d’accueillir les nombreux visiteurs… On a plus l’impression d’arriver à un musée qu’un lieu historique. Et de faites ! Collé à Ojukheon, on trouve un petit musée sur l’histoire de la maison mais aussi le musée de la ville. Le point positif est que cela permet de mieux comprendre le lieu et de pouvoir apprécier quelques œuvres de la famille.
La maison étant très vieille, il n’en reste pas beaucoup de pièces… On arrive devant un grand bâtiment qui sert de mémorial à Yi I (un autre mini musée). Puis on arrive enfin à la partie historique. On peut admirer un bâtiment dans le style des bâtiments royaux (très coloré). Il est posthume à Yi I et sert à accueillir son portrait. On trouve ensuite une partie plus authentique. À l’intérieur des bâtiments, des calligraphies et des poèmes de la famille sont exposés.
Dans la cour, on peut admirer un magnifique prunier qui aurait été planté à la construction de la maison, il y a près de 600 ans. (Saimdang aimait tellement cet arbre qu’elle appela une de ses filles Maechang, “ouverture sur le prunier”) Et on arrive afin au dernier bâtiment, eojegak, où sont conservés les plus grands trésors des lieux : la pierre à encre de Yi I, ses mémoires ainsi qu’un de ses ouvrages, Gyeongmong yogyeol 격몽요결 ou le secret pour repousser l’ignorance. (Fun fact : Eojegak est le nom qu’on donne à un bâtiment dont la construction a été ordonnée par le roi. Celui-ci fut construit sous l’impulsion du roi Jeongjo (1752–1800), un grand admirateur de Yi I)
Après l’authenticité et le côté familial de Seongyojang, Ojukheon peut surprendre par son ambiance complètement différente ! Mais après avoir passé un moment là-bas, on finit par apprécier ses propres charmes. La journée étant particulièrement belle, j’ai décidé de finir la journée simplement à la plage. J’ai repris la direction du lac Gyeongpo.
Sur le chemin, de petites statues narrent l’histoire d’amour entre le noble Park Shin et la Gisaeng Hong Jang, au fur à mesure qu’on avance. La ballade autour du lac vaut la peine, on est coupé de la mer tout en étant juste à côté, et on a aussi une jolie vue sur les montagnes en fond. Beaucoup louent des vélos ou des rosalies pour faire le tour. Et enfin, on arrive à la plage Gyeongpo, une grande étendue de sable blanc et une mer bleue et calme qui s’étend à l’horizon. J’avais vraiment l’impression d’être en vacances à la mer ! Après avoir un peu doré la pilule au soleil, il était déjà temps de partir vers de nouvelles aventures~
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